Temse/Madeira

31 mars 2010
By admin

temse_madeiraLes recherches de MORKHOVEN autour d’Harry HERMANS ont révélé l’existence de ramifications avec des organismes s’occupant de jeunes, des sex-shops, des bars et studios de tournage, en Belgique, en Hollande et au Portugal, à Madère.

Fut ainsi mis Ă  jour un rĂ©seau de pornographie enfantine appelĂ© « rĂ©seau de Tamise (Temse) – Madère ».

Des personnes de diverses nationalités se rejoignaient dans le cadre de séjours organisés à Madère afin de se livrer à des relations sexuelles avec des enfants. Ces ébats étaient filmés et les images vendues à d’autres clients.

Parmi ces images, une cassette vidĂ©o, intitulĂ©e « Madeira », contient le « film de vacances » de trois pĂ©dophiles, un Belge de Tamise, Norbert De RIJCK., un Portugais, Agostinho DE SOUSA, et un Hollandais, Robert VAN DER NAATEN. Ceux-ci entraĂ®nent des mineurs portugais dans leur chambre pour des Ă©bats, moyennant quelques pièces de monnaie… (annexe VI, 1)

Il y est fait mention d’un garçon, décrit assez crûment, destiné à un client belge du prénom de Philippe. Il sera identifié comme Philippe VERMEULEN, habitant Sint-Niklaas.

MORKHOVEN a découvert qu’au départ des cafés MONTY et GAYATI à Tamise, des mineurs en rupture ou en fugue étaient emmenés aux studios DE PAUW à Utrecht (Pays-Bas), pour tourner dans des films pornos.

La cassette vidĂ©o « Madeira » a Ă©tĂ© diffusĂ©e plusieurs fois en Belgique, au cafĂ© MONTY de Tamise, Ă  titre de « catalogue de voyage » de l’île de Madère et des « facilitĂ©s » qu’elle propose. L’exploitant du GAYATI, nommĂ© Bert MULLENDERS, un Hollandais de Hulst, organisait ces voyages.

Le 29 janvier 1992, MORKHOVEN envoie au ministre de la justice des photos et des vidéos liées au réseau de Tamise. L’accusé de réception du cabinet du ministre du 31 janvier 1992 confirme que tous ces documents sont transmis au procureur général près la cour d’appel de Gand (annexe V, 24).

La même année, le président de l’association MORKHOVEN, Monsieur Marcel VERVLOESEM, a fait l’objet de plaintes pour escroquerie, chantage ou diffamation, de la part de personnes gravitant autour des cafés MONTY et GAYATI, à Tamise : Monsieur André LARDENOIT, conforté par le témoignage de Dirk TAHON et de Bruno FARRIS, ce dernier étant d’ailleurs proche de Harry HERMANS.

Plus tard, Dirk TAHON dĂ©clarera Ă  la tĂ©lĂ© NOVA (Hollande) et dans une rĂ©ponse Ă  la presse, que ce dossier Ă©tait montĂ© de toutes pièces par LARDENOIS parce que « VERVLOESEM allait trop loin » (annexe V, 53).

Marcel VERVLOESEM a fait l’objet d’une dĂ©tention de quinze jours en 1997, dans le cadre de cette plainte. A cette occasion, il a pu prendre connaissance du dossier rĂ©pressif concernant le « rĂ©seau de Tamise » et obtenir la confirmation que le parquet de Termonde Ă©tait en possession, depuis 1992, de nombreuses pièces Ă  conviction, telles des centaines de photos Ă  caractère pĂ©dophile et 27 vidĂ©ocassettes, dont celle filmĂ©e par Norbert DE RIJCK, lui-mĂŞme, avec des enfants de Madère, ainsi que de nombreuses auditions comportant notamment des aveux de certains abuseurs (annexe V, 40 Ă  51, 96).

En fĂ©vrier 1992, des perquisitions furent ordonnĂ©es chez Norbert DE RIJK, Hans BLANKWAART et Bert MULLENDERS. (annexe V, 51, 45). Parmi le matĂ©riel saisi chez ce dernier figurait notamment une cassette-vidĂ©o (n° 20) notĂ©e « Portugal-Madeira » (« annexe V, 51, 42). Lors d’une perquisition effectuĂ©e le 6 fĂ©vrier 1992 au domicile de Casper VAN MAASDAM, Ă  Waalre (Pays-Bas), la police hollandaise a trouvĂ© celui-ci en compagnie de Lothar GLANDORF, Norbert DE RIJCK, Robby VAN DER PLANCKEN et Harrold VAN DER PLANCKEN, occupĂ©s Ă  regarder une vidĂ©o porno tournĂ©e Ă  Madère avec de petits Portugais. Lors de son audition, Lothar GLANDORF admet connaĂ®tre Norbert DE RIJCK et avoir dĂ©jĂ  rencontrĂ© chez lui un anglais, un certain Warwick Andrew SPINKS (annexe V, 40).

Le parquet disposait donc d’éléments permettant d’engager des poursuites en 1992.
MORKHOVEN a dénoncé la lenteur de la justice dans cette affaire. C’est la députée Nelly MAES (VU) qui relayera publiquement ces accusations, lesquelles feront plusieurs titres dans la presse (annexe V, 74 – 76). Interpellé en novembre 1997, le ministre de la Justice DE CLERCK affirme que l’enquête n’a pas permis de mettre au jour un réseau de pornographie enfantine ! (annexe V, 73, 78, 81). Moins d’un an plus tard, en juillet 1998, ce même ministre reconnaîtra l’efficacité du travail de MORKHOVEN, qui venait de dévoiler l’existence du réseau de Zandvoort, et s’adresse à la presse hollandaise en ces termes : « tout le monde savait que ces choses se passent depuis longtemps, mais nous avons fermé les yeux trop longtemps » (annexe V, 79) …

Marcel VERVLOESEM avait également relevé dans le dossier de Tamise le nom de complices. Ainsi, un fax d’Interpol-Lisbonne du 18 septembre 1992 mentionne la découverte d’un réseau d’abus sexuels sur des enfants portugais et de tournages de films pédophiles, qui implique les cinq personnes suivantes :
- Norbert DE RIJCK
- Lothar GLANDORF
- Casper VAN MAASDAM
- Robbie VAN DER PLANCKEN
- Robert VAN DER NAATEN (annexe V, 54)

En outre, la photo d’un homme avait été extraite du film « Madeira » et celui-ci était mentionné dans un P.V. comme « personne non identifiée ». Il était par ailleurs cité dans le fax Interpol et dénoncé à la gendarmerie de Beveren dès 1992 par Dirk TAHON et Norbert DE RIJCK. (annexe V, 95, 46, 48, 51). Marcel VERVLOESEM a pu rapidement identifier le néerlandais Robert VAN DER NAATEN, le retrouver et le contacter.

Vers le mois d’octobre 1997, lors d’une rencontre Ă  Amsterdam, il a pu convaincre Robert VAN DER NAATEN de lui remettre la cassette « Madeira ». Marcel VERVLOESEM s’est immĂ©diatement rendu Ă  Madère et a remis cette cassette Ă  la P.J. de Funchal (Portugal) (annexe V, 95).

Marcel VERVLOESEM rencontre ensuite à nouveau Robert VAN DER NAATEN à Hulst en présence de l’équipe de télévision hollandaise NOVA. A cette occasion, VAN DER NAATEN remet quatre cassettes pédophiles, ramenées par Bert MULENDERS de Madère. Une copie de ces cassettes est immédiatement remise à la police de Funchal.

Informé par MORKHOVEN, le procureur général de Funchal lance alors un mandat d’arrêt international contre tous les auteurs identifiés sur les cassettes. Sur base de ce mandat, la police hollandaise arrête Bert MULENDERS à Hulst.

Les mandats d’arrêt internationaux délivrés par le Portugal vont dans le même temps – et donc en 1997 seulement – permettre l’arrestation de Norbert DE RIJCK et de ses acolytes, Robert VAN DER NAATEN et Agostinho DE SOUZA. (annexe V, 59 à 65, 82 – 83).

Philippe VERMEULEN, identifiĂ© comme un client belge sur la cassette « Madeira », est arrĂŞtĂ© en dĂ©cembre 1997, suite Ă  une perquisition de la BSR d’Alost qui a permis de dĂ©couvrir 300 vidĂ©os pĂ©dophiles Ă  son domicile (annexe V, 84 Ă  86). D’autres contacts sont arrĂŞtĂ©s aux Philippines.

Norbert DE RIJCK a été condamné en 1999 par le Tribunal correctionnel de Termonde à 5 ans de prison ferme et à 10 ans de déchéance de ses droits civils et politiques (annexe V, 87, 88). En degré d’appel, cette peine fut portée, en février 2001, à huit ans de prison ferme par la Cour d’appel de Gand (annexe V, 89). Dix enfants et leurs parents se sont constitués parties civiles et ont obtenu des dommages-intérêts.

Agostinho DE SOUZA a été condamné à deux ans de prison au Portugal.

Robert Van Der Naaten a été condamné en 1998 à deux ans de prison aux Pays-Bas (annexe V, 98).

En septembre 2000, les Pays-Bas extradent leur ressortissant, Bert MULENDERS, vers le Portugal pour y être jugé (annexe V, 97, 98). Marcel VERVLOESEM est invité comme témoin dans le procès qui se déroule à Funchal (Portugal).

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